dimanche 27 septembre 2015

Se souvenir de Jacques Poulain (1946 - 1992)




Ce qui nous attire dans une femme ce n'est pas d'abord sa beauté – mais qu'elle soit plus proche que nous de la beauté.

*

Je la voulais libre, active, consciente, exigeante.
C'est-à-dire propre à tout ruiner comme à tout construire.

*

Peut-être que dans l'étreinte, cette femme n'aime rien d'autre qu'être une femme, n'importe laquelle, sans prénom, sans nom et sans histoire.

*

Il nous arrive d'envier la beauté première de la femme, comme il nous arrive d'envier les franchises du nuage.

*

Orgasme : juste avant de s'illuminer, la femme se résume entre ses yeux.

*

Une méditation sur l'amour est toujours une méditation sur la solitude.
Je comparerais cela à une promenade sur la grève, qui nous fait attentifs autant au ciel, qu'à la mer.

*

Mon visage dans le parloir de ses mains.

*

Ne jamais s'abandonner à la passion.
Lui résister, la quereller.
Éclairer ses ombres.
La faire grandir, murir.
La contraindre à accoucher de son noyau.


Jacques Poulain, Volontiers je la décrirais

4 commentaires:

Milena Etienne a dit…

"Mon visage dans le parloir de ses mains". Quelle puissance d'évocation, c'est magnifique.

Dupas Lionel a dit…

Il a aussi écrit dans un petit carnet offert il y a bien longtemps avant qu'il ne parte pour le grand voyage :

"Je mourrai, tu mourras, nous mourrons.
Tombera sur ce ce Royaume une nuit sans prénoms.
Et les chiens désormais seuls courront vers la plage
et chercheront dans les sables cet os blancheur nature
entrevu dans leur sommeil"

.......et beaucoup d'autres mots... So long Jacques

Le Promeneur a dit…

Merci, Lionel, pour ce poème que je ne connaissais pas.
Jacques Poulain nous manque, ne serait-ce que d'un simple point de vue éditorial.
Je me demande si Sulliver fut le seul à le publier.
Il serait bon qu'un autre éditeur puisse constituer un recueil le plus complet possible de ses mots.

Lionel Dupas a dit…

Cette phrase était censée être la dernière de son roman qui devait s'appeler " l'île de la réunion" sur lequel je l'ai vu travailler des années durant mais dont on n'a retrouvé aucun trace après sa mort.

Une note dans son dernier carnet laisse à penser qu'il la tout détruit, se sachant condamné, avant de rendre dans la clinique où il a fini ses jours.

Une autre pensée :

"Je communie aussi
avec les plus anciens
sanglots de l'homme"