jeudi 7 septembre 2017

Les chimpanzés du futur


Frères humains, sœurs humaines, vous avez entendu parler du transhumanisme et des transhumanistes ; d'une mystérieuse menace, groupe fanatique, société de savants et d'industriels dont l'activisme impérieux et l'objectif affiché consistent à liquider l'espèce humaine pour lui substituer l'espèce supérieure, «augmentée», des hommes-machines. Une espèce résultant de l'automachination par ingénierie génétique et hybridation électro-mécanique.

Vous avez entendu l'ultimatum cynique et provocant de ce chercheur en cybernétique : « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles au pré.» Et encore, «ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s'améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur.»

Nous sommes les chimpanzés du futur et nous vous appelons à la résistance contre ce néo-nazisme surgi des laboratoires.

Les animaux politiques qui écrivent à l'enseigne de Pièces et main d'oeuvre combattent le transhumanisme depuis une quinzaine d'années. Ils ont déjà publié nombre de livres sur des sujets voisins, Terreur et Possession, Aujourd’hui le Nanomonde, L'Industrie de la contrainte, etc.

Pour commander Le Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme (14 x 20 cm - 348 pages), envoyez un chèque de 20 € (port compris), à l'ordre de :

Service compris
BP. 27
38 172 Seyssinet - Pariset cedex

mardi 5 septembre 2017

L'enfant, dit-elle...




Ce samedi matin de janvier, ma mère m’attend à la sortie de l’école. Comme les autres jours, nous remontons la rue des Boulangers mais, au lieu de nous arrêter au carrefour, nous prenons à gauche dans la rue Monge. Je me retourne et aperçois un camion de déménagement garé en bas de notre immeuble. Ma mère serre ma main dans la sienne. Je n’ai pas envie de parler, je pense au camion, aux cartons, au salon qui demain sera à moitié vide. Je pense à mon père. Désormais, j’irai chez lui tous les mercredis soir et un week-end sur deux. Ma mère s’est organisée pour que je passe l’après-midi et la nuit chez une amie. Avant de partir, elle me dit Profite bien de ta journée, amuse-toi, essaye de penser à autre chose. Je hoche la tête mais je sais que jamais plus je ne penserai à autre chose. 

Sophie Lemp, Leur séparation

 

vendredi 1 septembre 2017

Une lettre de Nicolas



C’est ainsi que, plongé dans cette vulgaire existence, je tâche d’empêcher mon cerveau de se moisir, je donne ainsi carrière à la malignité de la fortune qui me poursuit ; je suis satisfait qu’elle ait pris ce moyen de me fouler aux pieds, et je veux voir si elle n’aura pas honte de me traiter toujours de la sorte. Le soir venu, je retourne chez moi, et j’entre dans mon cabinet, je me dépouille, sur la porte, de ces habits de paysan, couverts de poussière et de boue, je me revêts d’habits de cour, ou de mon costume, et, habillé décemment, je pénètre dans le sanctuaire antique des grands hommes de l’antiquité ; reçu par eux avec bonté et bienveillance, je me repais de cette nourriture qui seule est faite pour moi, et pour laquelle je suis né. Je ne crains pas de m’entretenir avec eux, et de leur demander compte de leurs actions. Ils me répondent avec bonté ; et pendant quatre heures j’échappe à tout ennui, j’oublie tous mes chagrins, je ne crains plus la pauvreté, et la mort ne saurait m’épouvanter ; je me transporte en eux tout entier. 

Nicolas Machiavel, lettre à Francesco Vettori 

 

jeudi 31 août 2017

La Grande Bellezza



Si nous avions été un peu refroidis par la vision de Youth, celle de La Grande Bellezza nous avait enthousiasmé pour des raisons, certes cinématographiques, mais aussi purement existentielles : dans ce film, Rome était filmée comme une déclaration d'amour, déclaration où se mêlaient morbidezza et étonnement simple, ce qui nous était allé droit au coeur. Nous laissons aux exégètes, mieux armés, le soin de disputer du talent (ou non) de Paolo Sorrentino. En ce qui nous concerne, et malgré la claire conscience de certaines longueurs, nous avons été touchés par cette beauté là.

lundi 28 août 2017

Jean-Paul Curnier (1951-2017)

 
J’écris ces lignes sur un support qui ne me survivra pas et je songe à ces mots de Jean-Paul Curnier : « Pourquoi parler encore quand, tout autour de nous, l’implacable douceur d’un sommeil hypnotique nous invite au repos d’un langage sans effraction, quand, chaque jour et en toute occasion, se mesure au vide des discours le prodigieux affaissement de la pensée qu’exige en retour le consensus contemporain ?[…] En ces temps de communication, parler à quelqu’un est devenu l’exercice le plus solitaire qui soit, et l’espoir s’effondre un peu plus chaque jour de sortir d’un dialogue autrement qu’on y est entré

Jean-Paul Curnier est mort le 5 août dernier d'un cancer. Il avait 66 ans. Il fut mon professeur à l'université. Le seul, lors des grèves de novembre 86, à avoir tenté de nous rendre l’intelligence de notre révolte.

On peut lire de lui : 

. L'écologie politique au miroir
. Manifeste
. Aggravation 1989-2001
. A vif



vendredi 28 juillet 2017

Google


"Au cours des trois mois écoulés depuis que Google a mis en œuvre les modifications apportées à son moteur de recherche, moins de personnes ont eu accès aux sites d’information de gauche et anti-guerre. Sur la base des informations disponibles sur les analyses d’Alexa, d’autres sites qui ont subi des baisses dans le classement incluent WikiLeaks, Alternet, Counterpunch, Global Research, Consortium News et Truthout. Même les groupes de défense des droits démocratiques tels que l’Union américaine pour les libertés civiles et Amnesty International semblent avoir été touchés."

On est pas toujours d'accord avec le site du Grand Soir dont les effluves, parfois un peu raides de la nuque, hérissent notre odorat. Quoi qu'il en soit, on trouvera sur celui-ci un article sur les manoeuvres de Google pour limiter l'accès au site dits "de gauche". On vous laisse faire votre opinion...


lundi 17 juillet 2017

La folie est un château assiégé par le vide



Quand
les étendards du néant grondent
devant ma porte
je sors mon carnet
pour comptabiliser ses troupes
et calculer les possibilités de la défaite

je reconnais de vieux ennemis
quelques silhouettes
qui
il n’y a pas si longtemps
foulaient le sol
de ma cuisine
en sifflotant

j’ai l’habitude
je classe mes notes
allume un cigare
et attends la nuit
en vieux pro de l’effondrement.

13.03.07 pour Y.